WBGT, la chaleur telle que le corps la subit
La température sous abri ne dit pas si l’on peut courir. Le WBGT ajoute l’humidité, le rayonnement du soleil et le vent : c’est l’indicateur de référence du sport et de la médecine du travail.
Ce qu’il mesure
Le corps se refroidit en évaporant la sueur. Quand l’air est humide, l’évaporation ralentit. Quand le soleil tape, il ajoute de la chaleur. Le WBGT combine trois températures qui captent chacun de ces effets :
- Tnw, la température humide naturelle : un thermomètre entouré d’une mèche mouillée, exposé au vent. Elle traduit l’évaporation possible.
- Tg, la température de globe noir : un thermomètre au centre d’une sphère noire. Elle traduit le rayonnement.
- Ta, la température de l’air.
La pondération dit tout : 70 % du poids va à l’humidité et au vent. À 34 °C, passer de 20 % à 40 % d’humidité peut faire changer de catégorie de risque.
Seuils pour le sport
L’American College of Sports Medicine (ACSM) propose des seuils pour les courses d’endurance, repris par de nombreuses fédérations. Ils s’adaptent selon l’âge, l’acclimatation et l’intensité : un match de U11 n’est pas un marathon.
Mesurer ou calculer
La norme ISO 7243 décrit la mesure sur site. Sans capteur, on estime le WBGT à partir des variables météo. Avec des données horaires (ERA5-Land, prévisions), c’est le modèle physique de Liljegren et al. (2008), qui calcule Tnw et Tg à partir de la température, de l’humidité, du vent et du rayonnement. Avec les projections CMIP6, journalières, la température humide vient de la formule de Stull (2011) et la température de globe du modèle de Hajizadeh et al. (2017). C’est ce que fait l’alerte chaleur avec les prévisions AROME. Relier cette estimation à une mesure au bord du terrain, c’est le projet stades.
Limites
Le WBGT ne dit rien de la tenue, de l’intensité ni de l’état de la personne. Sur une surface synthétique ou un sol clair, le rayonnement réfléchi l’augmente localement, ce qu’une prévision à 1,3 km ne voit pas.